Allocution d’ouverture de la Présidente de l’Académie
Vos Excellences mesdames et messieurs les Ambassadrices et Ambassadeurs, chers invités, chères consœurs académiciennes, chers confrères académiciens, mesdames et messieurs,
C’est avec un sentiment profond d’émotion, mais aussi avec une grande détermination, que je m’adresse à vous aujourd’hui pour la première fois depuis mon élection à la présidence de notre Académie.
Mon élection au mois de mars dernier, puis ma prise de fonction officielle le 2 juillet, ont marqué une étape importante dans mon parcours académique et personnel, et depuis cette date, j’ai pris conscience, jour après jour, de l’ampleur de l’honneur qui m’a été fait, ainsi que de l’ampleur de la responsabilité qui m’a été confiée.
Je voudrais donc commencer par vous adresser mes remerciements, à vous tous. Merci pour votre confiance.
Je suis pleinement consciente de l’importance de votre choix, et je le reçois avec gratitude, mais aussi avec le sentiment profond qu’il ne s’agit pas là d’un hommage rendu à ma personne, mais d’une responsabilité envers notre Académie, envers ses membres, envers la communauté scientifique et intellectuelle tunisienne, et envers notre pays. Et je veux être à la hauteur de cette confiance.
Présider l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts – Beït al-Hikma est un immense honneur. Cette institution a une histoire, une identité et une place qui dépassent chacun d’entre nous. Nous ne sommes que les dépositaires temporaires d’un héritage que nous devons préserver, enrichir et transmettre aux générations futures. Mais la fidélité à cet héritage ne signifie pas l’immobilisme ; c’est pourquoi je souhaite que cette présidence se place sous le signe du travail, de la cohésion, de la modernisation et de l’ouverture. Je veux que nous ayons une ambition simple, mais qui ne souffre aucun compromis : faire de Beït al-Hikma une académie exemplaire,
Exemplaire par la qualité de sa production scientifique et culturelle. Exemplaire par sa méthode de travail, par la transparence de sa gestion, par la place qu’elle accordera au débat intellectuel, et enfin par son rayonnement en Tunisie, dans le monde arabe, en Méditerranée, en Europe, et à l’échelle internationale.
Notre première responsabilité est de consolider le prestige de notre institution, cela suppose de renforcer la qualité de nos programmes scientifiques, de nos colloques, de nos publications et de nos activités culturelles. Il nous faut également mieux valoriser le travail considérable accompli par nos académiciens, et je souhaite que chaque membre puisse trouver ici un véritable espace de travail, de réflexion et de coopération.
Nous devons faire de Beït al-Hikma non pas un simple lieu de réunion, mais un véritable laboratoire d’idées, un lieu où se rencontrent les sciences, les lettres et les arts, où les disciplines dialoguent, où les grandes questions de notre société et du monde contemporain peuvent être examinées avec rigueur, liberté et responsabilité.
La place de toute institution repose aussi sur la qualité de sa méthode de travail. Je souhaite donc que notre gouvernance repose sur des principes clairs : la responsabilité, la transparence, la qualité, le respect des procédures et l’esprit de collégialité.
Nous devons améliorer nos méthodes de travail, clarifier les responsabilités, renforcer la circulation de l’information, et assurer une meilleure coordination entre les différentes sections de notre Académie.
Je souhaite également que les membres soient davantage associés aux grandes décisions concernant l’avenir de leur institution.
Car notre Académie n’est pas celle d’un petit groupe ; elle appartient à tous ses membres, et c’est ensemble que nous devons réfléchir à son avenir.
La modernisation de Beït al-Hikma est une priorité pour moi. Nous devons accélérer la transformation numérique de l’Académie, moderniser nos outils de travail, numériser progressivement nos fonds et nos archives, et en faciliter l’accès aux chercheurs.
Notre patrimoine documentaire et scientifique représente une richesse considérable ; il doit être mieux conservé, mieux organisé et davantage valorisé.
Je souhaite également que nous repensions notre communication, notre site internet, nos publications, notre présence sur les plateformes numériques, ainsi que nos relations avec les médias : tout cela doit être à la hauteur d’une académie appartenant au XXIe siècle.
Je voudrais accorder une place particulière, dans cette nouvelle étape de notre Académie, à la langue arabe, qui constitue l’un des héritages intellectuels et culturels les plus importants de notre région, et l’un des fondements de notre identité. Défendre la langue arabe et œuvrer à son enrichissement ne doit pas être compris comme un retour au passé, mais comme un moyen de lui permettre de suivre pleinement les mutations du monde contemporain. Notre ambition est de contribuer à en faire une langue arabe vivante, précise, ouverte, capable d’exprimer les avancées de la science, de la technologie, de la pensée et de la création. Pour atteindre cet objectif, je souhaite que Beït al-Hikma renforce considérablement ses relations avec les grandes académies linguistiques et scientifiques arabes, ainsi qu’avec les institutions scientifiques et culturelles des pays arabes : multiplier les rencontres entre académiciens, en organisant des colloques conjoints, en portant un intérêt commun aux questions de terminologie scientifique et technique, et en réfléchissant collectivement aux moyens de donner à la langue arabe toute sa place dans les nouveaux domaines de la connaissance. Je souhaite que la Tunisie retrouve, par l’intermédiaire de Beït al-Hikma, une place active dans cette dynamique de coopération intellectuelle arabe.
Dans cette perspective, je souhaite que nous redonnions vie à l’Encyclopédie tunisienne en ligne. Ce projet revêt une importance capitale pour notre pays. Il vise à rassembler et diffuser les connaissances relatives à la Tunisie, à son histoire, sa culture, son patrimoine et ses réalisations dans les différents domaines. Je pense qu’il est aujourd’hui nécessaire de repenser cette plateforme, de la moderniser et de la redynamiser, en constituant un comité scientifique de réflexion et de rénovation, réunissant des membres de l’Académie issus de différentes disciplines. Notre objectif devrait être d’en faire progressivement une référence scientifique et culturelle majeure sur la Tunisie – d’abord en langue arabe, mais conçue dès le départ dans une perspective mondiale – accessible aux chercheurs, aux étudiants, aux enseignants et au grand public, en Tunisie comme à l’étranger. Cette encyclopédie pourrait devenir un formidable outil de rayonnement international de notre culture, et l’un des projets structurants majeurs de notre mandat : une fenêtre de la Tunisie sur le monde, et une fenêtre du monde sur la Tunisie.
Parmi mes grandes ambitions figure également le renforcement du rayonnement international de Beït al-Hikma. Notre Académie doit développer ses relations avec les académies étrangères. Je souhaite que la priorité soit donnée à des partenariats concrets.
Je souhaite que les membres des académies de Madrid, Paris, Rome, Le Caire, Beyrouth, Riyad, Alger, Rabat et d’autres grandes capitales scientifiques voient en Beït al-Hikma un espace naturel de rencontre et de coopération.
Une autre priorité me tient particulièrement à cœur : les jeunes chercheurs. Notre Académie ne peut vivre seulement de son passé ; elle doit se préparer à l’avenir. Je souhaite donc renforcer les liens avec les universités tunisiennes et créer davantage des occasions de rencontre entre nos académiciens et les jeunes chercheurs, doctorants et étudiants en général. Nous devons leur offrir l’occasion de présenter leurs travaux de recherches, de dialoguer avec les membres de notre Académie, et de participer à certains de nos projets. Il nous appartient de transmettre le savoir, mais aussi d’écouter, car les nouvelles générations portent souvent des questions et des approches nouvelles.
Enfin, je voudrais affirmer une conviction profonde : Beït al-Hikma doit être utile à la Tunisie. Notre Académie n’est pas seulement un lieu d’excellence académique ; elle a aussi une mission intellectuelle envers notre pays. Lorsque la Tunisie traverse des mutations ou se pose de grandes questions, notre institution doit pouvoir contribuer au débat avec ce qu’elle possède de plus précieux : le savoir, l’expertise, l’esprit critique et la liberté de pensée. Notre rôle n’est pas de nous substituer aux institutions de l’État, mais de mettre la connaissance au service de la société.
Chères consœurs, chers confrères, je sais que les ambitions que je viens d’exposer sont nombreuses, et je sais aussi qu’elles ne se réaliseront qu’avec votre participation. Je ne souhaite pas exercer cette présidence seule. Je souhaite au contraire travailler avec vous, être à l’écoute de vos aspirations, de vos propositions, de vos remarques et de vos recommandations. J’espère que nous pourrons, ensemble, élaborer une véritable feuille de route pour les années à venir, avec des priorités définies, des projets clairs et des résultats mesurables. Je souhaite que chaque membre de notre Académie puisse dire : « Cette Académie est aussi la mienne. »
Et j’espère qu’à l’issue de ce mandat, nous pourrons regarder en arrière et constater que nous avons tous contribué à faire avancer notre institution.
Mesdames et messieurs les membres, je suis consciente de la confiance que vous m’avez accordée, et je suis consciente aussi de la responsabilité qui accompagne cette confiance. Je ne vous promets pas que tout sera facile. Mais je vous promets mon engagement, mon plus grand effort, ma présence constante, et ma volonté d’agir. Je vous promets aussi d’être à l’écoute de toutes vos voix. Je serai la présidente de tous les membres de l’Académie, et j’espère que la diversité de nos parcours et de nos disciplines deviendra une richesse, et non une faiblesse.
Notre responsabilité est partagée : faire vivre cette institution, et lui donner les moyens nécessaires pour accomplir pleinement sa mission.
Avec cette ambition, et beaucoup d’humilité, j’entame cette mission en vous remerciant encore une fois de votre confiance, et en espérant que nous pourrons avancer ensemble, dans l’unité et la confiance, la précision et la rigueur — ce sont là les traits qui doivent caractériser Beït al-Hikma.
Vive Beït al-Hikma, vivent les sciences, les lettres et les arts, et vive la Tunisie.

Résumé de la conférence
À l’instar de tous les pays du monde, la Tunisie est confrontée à de nombreux défis environnementaux, notamment les changements climatiques, la dégradation des terres, la destruction des écosystèmes, la perte de biodiversité, la surexploitation des ressources naturelles ainsi que l’accroissement des risques sanitaires.
Face à cette situation, la Tunisie a mis en place une stratégie nationale en faveur du développement durable et de la protection de l’environnement. La recherche et le développement orientés vers les priorités nationales constituent l’un des piliers de cette stratégie. Cette dynamique a notamment favorisé une approche fondée sur l’éco-innovation, visant à développer des biens et des services capables de mesurer, prévenir, réduire ou corriger les impacts environnementaux, notamment la pollution de l’eau, de l’air et des sols, ainsi que les problèmes liés aux déchets et à la dégradation des écosystèmes.
Une partie des résultats de recherche obtenus dans ce domaine sera présentée lors de cette conférence inaugurale. Une attention particulière sera accordée : (I) au remplacement des engrais chimiques par des biofertilisants ; (II) à la lutte biologique comme alternative viable à l’utilisation des pesticides ; (III) à l’amélioration de la tolérance des plantes cultivées aux contraintes abiotiques (salinité et sécheresse particulièrement) grâce aux prétraitements des semences et des plantules (priming) ; (IV) à la promotion de nouvelles cultures basée sur la domestication des plantes spontanées naturellement adaptées aux contraintes environnementales ; et (V) au développement de nouveaux systèmes de culture.

Revue de presse
Réalités N°2114 du 1er au 07 octobre 2026





La Presse 28-09-2026




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وكالة تونس إفريقيا للأنباء 15-09-2026

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